La colonisation de La Réunion par les Européens

Bien sûr, les Européens vont continuer à s’intéresser à ce qu’ils appellent désormais les Indes orientales puisqu’on vient de découvrir des Indes occidentales.
Ils vont même se battre pour avoir leur contrôle mais cet intérêt restera toujours secondaire par rapport à celui dont les Amériques seront l’objet.

Les Européens ont priorisé la colonisation des Indes occidentales

À cela deux raisons, d’une part on l’a vu, les Amériques sont beaucoup plus proches de l’Europe que les Indes orientales.
D’autre part il n’y a aux Amériques que des peuples peu organisé ou des empires en décomposition alors qu’aux Indes, il y a le grand Moghol.
Au Japon et en Chine, il y a des empereurs et ses monarques.
Ce sont des morceaux autrement difficiles à avaler qu’un roi Aztèque.

Une occupation lente

Le résultat de ce basculement instantané et durable du centre d’intérêt des puissances occidentales est que la colonisation de l’Océan Indien va être lente, très lente.
Les Européens, les Portugais en tête, mais vite suivie par les Hollandais, les Français et les Anglais, occupent vite les escales les plus juteuses d’Inde ou d’Afrique.
Mais les points secondaires sont totalement négligés.
Les Mascareignes, en particulier, ne reçoivent que des visites occasionnelles pendant plus de 100 ans après leur découverte par les Portugais ; découverte qui a eu lieu entre 1507 et 1528.
En 1638 après un siècle de sommeil, les Hollandais prennent possession de l’île centrale qu’ils vont appeler Mauritius.
Et les Français prennent possession des deux autres.
Ils vont appeler la plus grosse Bourbon et la plus petite, ils vont lui laisser son nom portugais de Rodriguez, c’est-à-dire Rodrigue.
Encore faut-il savoir que ces prises de position de 1638 sont des sortes d’occupation par défaut. Les Hollandais utilisent Mauritius comme escale sur la route de l’Orient mais il ne la colonise pas vraiment.
Quant aux Français, ils s’excitent beaucoup sur Madagascar et n’installent personne dans l’île volcan Bourbon.
Les oiseaux solitaires et les tortues de terre ont donc un petit répit sauf quand un bateau de passage fait le plein de ses saloirs.

Histoire de La Réunion racontée par Daniel Vaxelaire

Article 03
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